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Tsogho

Tshogho

Ethnie

SANGO/TSOGHO

Pays

Gabon, probablement région de Mimongo Mbigou

Époque

Fin du 19è siècle, début du 20e siècle

Matière

Bois, pigments, fer, cuivre, mica

Hauteur

38 cm

Provenance

Acquis au Gabon par un exploitant forestier en poste à partir de 1926
Galerie Yann Ferrandin, Paris
Galerie Alain de Monbrison, Paris
Galerie Ratton, Paris
Collection privée française

Expositions

Galerie Yann Ferrandin, Kota, 6 septembre – 8 octobre 2011, n°18 Galerie Ratton, Gabon, Juin 2017, pp.66-67

Description

Le bwiti ou bwete est une institution culturelle complexe très largement répandue au Gabon mêlant des aspects folkloriques, mystiques et désignant également la société secrète et la « statue-fétiche ». D’origine tsogho-apindji, le bwiti s’est propagé dans le reste du pays et a par la suite évolué au contact de religions exogènes.
Bertrand Goy, dans son chapitre « Des Sango aux Tsogho, un glissement stylistique » (in Icônes du Bwiti, 2016, p.104) nous précise : « Lorsqu’on s’approche de l’aire sango (sangu, massango), à l’est et au sud de Mimongo, l’abandon de cette figuration du corps au profit d’une stylisation extrême marque les premiers signes d’un glissement progressif vers une autre forme de représentation. Le visage des statues lui- même, s’il s’est approprié les traits caractéristiques des Tsogho, s’en écarte toutefois imperceptiblement jusqu’à accuser, pour certaines d’entre elles, une indéniable et profonde influence kota. […] Plus fréquemment, la tête, centre de toutes les attentions, repose sur une colonne cylindrique comme sur un piédestal. »
Ce type de figure (appelée mbumba), surmontait un paquet principalement constitué de fibres végétales ou de peaux dissimulant des reliques (voir comparable ci-dessous). Conservées dans le sanctuaire de l’ebanza (le temple du bwiti), ces figures étaient utilisées dans le culte des ancêtres mombé qui était intégré aux rituels du bwiti.
Le front noirci orné verticalement d’une bande de métal fait admirablement ressortir la forme de cœur du visage aux yeux tombants incrustés d’éclats de mica. La bouche ouverte de la figure évoque peut- être la manière dont on introduisait une boulette de la plante hallucinogène iboga dans la bouche de l’initié pour qu’il fasse le voyage au pays des esprits. Le cou est entouré d’une bande de métal décorée au repoussée de points sur le pourtour et la coiffe constituée de plusieurs tresses, dont la couleur sombre fait écho au front, s’étire sur la nuque en une natte unique.
La polychromie de l’objet renvoie à sa fonction cultuelle : le pigment rouge provenant soit de graines écrasées de rocouyer momweni soit de poudre de padouk (tsingo) symboliserait entre autres le sang, la vitalité, et le kaolin visible par endroits sur la tête et le haut du cou renverrait quant à lui à l’univers des esprits. Durant les cérémonies du bwiti, les initiés, hommes et femmes, s’enduisent d’ailleurs le visage et le buste d’argile blanche et portent un vêtement de la même couleur.